LE PIEGEAGE DU PEKAN

by Albert Roura / Lunes, 6 enero 2014 / Published in TRAPPING TECHNIQUES

LE PIEGEAGE DU PEKAN

Le trappage est une activité qui m’a toujours fasciné. Étant natif de Schefferville, ville du  nord Québécois, j’ai été mis en contact très jeune avec la nature;  probablement ce qui explique que je suis accroc à la nature. Le goût du trappage est venu un peu plus vers le milieu de mon enfance  lors d’une randonnée en forêt  avec mon beau-frère, j’y ai rencontré un vieux trappeur; du moins du haut de mon enfance il me semblait bien vieux avec sa barbe grisonnante. Accompagné de son berger des pyrénées  blanc et répandant une intense odeur de moufette il a réussi, probablement sans le savoir, à me transmettre cette passion qu’il dégage encore aujourd’hui! Maintenant moi aussi je dégage cette passion… et cette odeur! Merci Yvan.

                Depuis plusieurs années je piège toutes les espèces , mais j’ai toujours eu une préférence pour le pékan. Cette espèce particulièrement méconnue du commun des mortels est un prédateur particulièrement efficace. Le seul  vrai prédateur du porc-épic, coureur d’endurance pouvant aisément poursuivre des lièvres sur la neige folle (la femelle flotte autant sinon plus que le lynx), capable de sauter d’un arbre sur une perdrix enfouis dans la neige (observé de mes yeux par les pistes de cette attaque laisser dans la neige) et il n’hésitera pas à se mouiller pour capturer un rat musqué dans l’eau. De plus, soyez assuré de la capacité d’un mâle adulte de défendre une carcasse contre quelques coyotes! Un propriétaire de boisé m’a raconté comment ses cinq chiens de chasse sont sortis mutilés d’une bataille contre ce vrai « petit Ours »!

               Je vais donc ici vous entretenir sur le piégeage du pékan (martes pennanti). Cet article n’est pas une recette miracle à appliquer,  mais simplement ma façon de faire,  ainsi que mes observations suite aux expériences vécues; Principalement celles de cette année qui en est une bizarre à souhait!

                Depuis toujours, j’utilise deux techniques : Le pole set et la boite piège. La technique utilisée dépend de l’habitat et de ma connaissance du milieu. Le pole set  (figure #1 et #2) m’est utile en milieu plus ouvert;  le pékan contrairement aux croyances circule beaucoup dans ces milieux. Il emprunte souvent des champs en friche, des plés, des érablières nettoyées ainsi que les forêts de feuillus dégagées. Dans ces endroits, il chasse beaucoup à l’aide de sa vue montant sur les vieilles souches afin d’avoir un point de vue surélevé. Il est donc important de laisser l’appât le plus voyant que possible. Je mets toujours un attractif visuel, en l’occurrence une aile de canard suspendu à une ficelle. La pole aura un diamètre de 4 ou 5 pouces, une inclinaison de 65 degrés et sera de bois franc ou de cèdre. Jamais de résineux qui gommera la fourrure rendant la mise en marché plus ardue. Je positionne mon piège en X grosseur 220 à 5 pieds du sol juste devant l’appât. Voir l’illustration #3  pour le système d’encrage. Je vais aussi utiliser cette technique pour découvrir les bons spots. Les pékans circulent souvent par les mêmes « trails ». Un endroit où l’on capture un pékan sera habituellement un endroit où l’on en capturera d’autre (Figure #4). Faut juste le découvrir! Donc il se peut qu’un site qui semble improductif le soit, mais 100 ou 200 pieds plus loin. La rapidité et le peu de matériel requis pour cette installation font d’elle une technique exploratrice par excellence.

                Il est bien connu que les pékans mâles sont quelque fois craintifs de ce type d’installation. Je vous confirme l’avoir observé moi-même à quelques reprises. C’est pourquoi maintenant, lorsque je découvre un bon spot, je change de technique et emploi une boite piège qui éveille moins de méfiance. La boite (Figure #5) peut être construite de bois, de grillage ou constitué d’une chaudière de plastique carré, cela importe peu. Tout dépend de ce que nous avons sous la main, qui est pratique, économique et surtout disponible. Je construis ou me procure des boites qui accepteront un piège en X de grosseur 160. Je dispose ces boites au sol ou préférablement sur des arbres tombés et presque horizontal (Figure #6 et #7). Cette technique sera celle préférée pour les milieux plus couverts et encombrés, les amas de branches et les forêts de pruche qui sont particulièrement productives… mais demandez-moi pas pourquoi?

 

 

                Pour les appâts, j’utilise presque exclusivement du castor et de gros morceaux. J’utilise aussi un peu de rat musqué et du foie de cervidés de la chasse d’automne. Le foie, une fois faisandé sent fort et gèle très peu l’hiver venue. Pour le leurre, mon premier paragraphe dit tout : Moufette! Les leurres à base de moufette sont particulièrement efficaces pour le pékan, c’est ce que je préfère utiliser! Les leurres à base d’anis ne sont pas à négliger non plus.

                Avec cette base, il est possible de capturer des pékans, mais certaines choses ne s’expliquent pas; La façon de découvrir le bon spot, le bon arbre a utilisé comme pole set, pourquoi le pékan a boudé notre installation… tout ceci vient avec la passion. Avec les temps passés à observer les pistes et comportements du mustélidé convoité, avec nos propres petites déductions sur telle ou telle situation, nous améliorons les possibilités de capture. À titre d’exemple cette année, plusieurs de mes installations ont été boudés par des pékans, ce qui je croyais m’étais rarement arrivé. J’ai donc disposé des caméras de surveillance (lumière flash invisible indispensable) près de mes installations pour me rendre compte que le pékan peut être une espèce à l’occasion très méfiante. L’utilisation de piège bien camouflé et dans des installations le plus naturel possible m’ont permis d’avoir raison de ces petits futés. J’utilise depuis beaucoup plus de pièges sous des arrachis d’arbre et dissimulés le plus possible (Figure #8 et  #9). C’est plus d’ouvrage, mais très efficace et peu de craintif n’y échappe! Il faut s’adapter et c’est ça le défi perpétuel. Il faut avant toutes choses apprécier les moments passer en forêt plutôt que le nombre de capture…mais difficile de ne pas s’ambitionner (figure #10)!

 

Bonne trappe et tentez le plus que possible de transmettre cette magnifique passion!

 

  Sylvain Sirois, Trappeur et amant de la faune

 

Etiquetas / Tagged under:
  • Tweets